Un pays musulman tolérant
Environ 95 % des Sénégalais sont musulmans, principalement de tradition soufie. Les 5 % restants sont chrétiens (majoritairement catholiques), concentrés en Casamance et dans certains quartiers de Dakar. Cette cohabitation religieuse est un modèle en Afrique de l'Ouest.
L'islam sénégalais est profondément influencé par le soufisme, une tradition mystique qui met l'accent sur la spiritualité intérieure, la méditation et la relation personnelle avec Dieu. Ce caractère soufi explique en partie la tolérance religieuse du pays : les mariages mixtes entre musulmans et chrétiens sont courants, les fêtes religieuses des uns sont respectées par les autres, et le dialogue interreligieux est une réalité quotidienne.
Les confréries soufies
La vie religieuse sénégalaise est structurée par les confréries (tariqa), qui jouent un rôle social, économique et politique majeur. Les deux principales confréries sont la Mouridiya et la Tijaniyya.
La Mouridiya et Touba
Fondée par Cheikh Ahmadou Bamba à la fin du XIXe siècle, la confrérie Mouride est la plus influente du Sénégal. Sa capitale spirituelle est Touba, ville sainte qui abrite la Grande Mosquée, l'un des plus grands édifices religieux d'Afrique. Chaque année, le Grand Magal de Touba rassemble plusieurs millions de pèlerins pour commémorer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba.
Le Grand Magal est le plus grand rassemblement religieux d'Afrique de l'Ouest. En 2026, il se tient environ 70 jours après le Nouvel An islamique. La ville de Touba se transforme pendant plusieurs jours en une immense fête spirituelle et populaire.
La Tijaniyya et Tivaouane
La confrérie Tidiane (Tijaniyya), fondée par El Hadj Malick Sy, a pour capitale spirituelle Tivaouane. Le Gamou, célébré à l'occasion du Mawlid (anniversaire du Prophète), est le grand événement religieux de cette confrérie. Des centaines de milliers de fidèles convergent vers Tivaouane pour des nuits de prière et de chant soufi (dhikr).
Respect des lieux saints
Les non-musulmans peuvent visiter Touba et Tivaouane, mais doivent respecter les codes vestimentaires (épaules et genoux couverts) et les règles locales. L'alcool est strictement interdit à Touba. Demandez toujours la permission avant de photographier des lieux de culte ou des cérémonies religieuses.
La Teranga : l'hospitalité sénégalaise
La Teranga est bien plus qu'un mot wolof pour "hospitalité". C'est une valeur fondamentale qui structure les relations sociales au Sénégal. Un étranger est toujours le bienvenu : on lui offre le thé, un repas, une place à table. Refuser cette hospitalité serait considéré comme une offense.
La Teranga se manifeste dans les gestes quotidiens : le partage du repas familial autour du bol commun, l'accueil des voisins sans rendez-vous, l'aide spontanée aux étrangers perdus dans la rue. Cette générosité naturelle est l'une des raisons pour lesquelles tant d'expatriés tombent amoureux du Sénégal.
Le Ramadan au Sénégal
Pendant le mois de Ramadan, le rythme de vie sénégalais se modifie profondément. Les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil. Les horaires de travail sont souvent aménagés, les administrations ferment plus tôt, et de nombreux restaurants ne servent pas le midi.
En tant qu'expatrié ou voyageur non-musulman, il est recommandé d'éviter de manger, boire ou fumer en public pendant les heures de jeûne, par respect pour ceux qui jeûnent. Les restaurants des hôtels internationaux restent ouverts. Le soir, la rupture du jeûne (ndogou) est un moment festif et convivial : dates, bouillie de mil, café Touba et beignets sont partagés en famille.
La Tabaski : la fête du mouton
La Tabaski (Aïd el-Kébir) est la fête religieuse la plus importante au Sénégal. Chaque famille sacrifie un mouton pour commémorer le sacrifice d'Abraham. Les préparatifs commencent des semaines avant : achat du mouton, couture de nouveaux habits, nettoyage des maisons.
Le jour de la Tabaski, après la prière du matin, la viande est partagée en trois parts : une pour la famille, une pour les voisins et amis, une pour les pauvres. C'est un jour de visite, de réconciliation et de générosité. Les expatriés sont souvent invités par leurs voisins ou leur personnel de maison.
Codes sociaux à connaître
Le respect des aînés est un pilier de la société sénégalaise. On salue toujours les personnes âgées en premier, et on s'adresse à elles avec déférence. Les salutations sont longues et ritualisées : on prend des nouvelles de la famille, de la santé, du travail, avant d'aborder le sujet de la conversation.
La main droite est utilisée pour saluer, manger et donner. La main gauche est considérée comme impure. Lors d'un repas en commun autour du bol, on mange avec la main droite dans la portion qui se trouve devant soi. Le chef de famille distribue les morceaux de poisson ou de viande.
Les salutations, un art au Sénégal
Ne soyez pas surpris si une simple salutation dure plusieurs minutes. "Nanga def?" (comment vas-tu?), "Ana waa keur gi?" (comment va la famille?), "Mbaa degg na?" (ça va la santé?) sont des formules courantes en wolof. Prendre le temps de saluer correctement est un signe de respect fondamental.
En savoir plus
Pour mieux comprendre le patrimoine historique du Sénégal, visitez l' île de Gorée et la Maison des Esclaves. Si vous envisagez de vous installer au Sénégal, notre guide de l'expatriation aborde les aspects pratiques de l'adaptation culturelle. Consultez aussi notre guide sur la sécurité au Sénégal et retrouvez toutes nos destinations sur la page Voyage au Sénégal.
