Vivre au Sénégal
Vivre au Sénégal
Vue aérienne d'un fleuve et de ses berges en Afrique de l'Ouest

Le fleuve Sénégal : de sa source à son embouchure

Où passe le fleuve Sénégal

Le fleuve naît au Mali, de la confluence du Bafing et du Bakoye, deux rivières descendues du Fouta-Djalon guinéen. Il coule ensuite vers le nord-ouest, sert de frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, et se jette dans l'Atlantique près de Saint-Louis. Sa longueur est d'environ 1 700 km.

Pourquoi les longueurs publiées varient

Selon que l'on fait démarrer le fleuve à la confluence ou qu'on remonte le cours du Bafing jusqu'à sa source guinéenne, on obtient des chiffres sensiblement différents. Les deux sont défendables : c'est une convention, pas une erreur.

Le parcours, de l'amont vers l'aval

Après la confluence malienne, le fleuve traverse une haute vallée encaissée, puis s'étale dans une plaine alluviale où il déborde chaque année en saison des pluies. C'est cette crue qui fait vivre l'agriculture de décrue depuis des siècles.

Sur la majeure partie de son cours aval, il marque la frontière avec la Mauritanie. Les villes sénégalaises du fleuve, Bakel, Matam, Podor et Richard-Toll, s'égrènent sur la rive gauche, chacune ayant été un poste de commerce ou un fort.

À l'approche de la mer, le fleuve se heurte à un cordon sableux, la Langue de Barbarie, et longe la côte sur des kilomètres avant de trouver son embouchure. Cette embouchure s'est déplacée plusieurs fois, notamment après l'ouverture d'une brèche artificielle au début des années 2000 qui a profondément modifié la géographie locale.

Les aménagements

Deux barrages structurent le fleuve depuis les années 1980. Diama, près de l'embouchure, est un barrage anti-sel : il empêche la remontée de l'eau de mer dans le delta et sécurise l'irrigation. Manantali, en amont au Mali, régule le débit et produit de l'électricité partagée entre plusieurs pays.

Leur gestion relève de l'OMVS, l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, qui associe le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée. C'est l'un des rares exemples aboutis de gestion partagée d'un bassin fluvial en Afrique de l'Ouest.

À quoi sert le fleuve

À l'irrigation avant tout : la vallée porte la riziculture du pays et la canne à sucre de Richard-Toll. À la pêche, à la production d'électricité, et à un transport fluvial aujourd'hui résiduel. Dans une région sahélienne où l'eau est la contrainte première, c'est un enjeu régional autant qu'économique.

Ce qu'on peut en voir en voyage

  • Saint-Louis et la Langue de Barbarie: la ville est bâtie sur une île du fleuve, c'est le point de contact le plus évident.
  • Le parc national des oiseaux du Djoudj, dans le delta, l'un des grands sanctuaires de migrateurs au monde, à visiter de novembre à mars.
  • Podor et son fort, en remontant le fleuve, pour qui veut sortir des sentiers battus.

Un fleuve partagé entre quatre pays

Le fleuve Sénégal naît en Guinée, traverse le Mali, puis sert de frontière entre le Sénégal et la Mauritanie jusqu'à son embouchure. Cette configuration en fait un objet politique autant que géographique : sa gestion relève d'un organisme commun aux États riverains, chargé de la navigation, des barrages et du partage de l'eau.

Deux ouvrages ont transformé son régime : un barrage en amont, qui régule le débit et produit de l'électricité, et un barrage anti-sel près de l'embouchure, qui empêche la remontée de l'eau de mer et permet l'irrigation. Le fleuve d'aujourd'hui n'est plus tout à fait un fleuve naturel.

La vallée, grenier irrigué

La bande de terre bordant le fleuve tranche radicalement avec l'aridité environnante. C'est là que se concentrent la riziculture irriguée et les cultures maraîchères de contre-saison qui approvisionnent une partie du pays. Vu du ciel, le contraste entre le vert des périmètres irrigués et l'ocre du sahel est saisissant.

Cette vallée a aussi une histoire dense : le Fouta-Toro, qui la borde, a été le foyer de mouvements politiques et religieux majeurs, et reste une région d'émigration importante vers l'Europe.

Voir le fleuve

  • À Saint-Louis : l'embouchure, le pont Faidherbe, la Langue de Barbarie.
  • Au Djoudj : le delta et ses zones humides, en pirogue.
  • À Podor et dans le Fouta : les comptoirs anciens et la vallée agricole, loin des circuits classiques.
  • Depuis l'avion : à l'approche de Saint-Louis, la vallée est parfaitement lisible.

Ne pas confondre trois cours d'eau

Le fleuve Sénégal est au nord et donne son nom au pays. Le fleuve Casamance est au sud, dans une région totalement distincte. Le Saloum, au centre, forme le delta classé à l'UNESCO. Beaucoup de contenus francophones les mélangent, et une confusion sur ce point rend n'importe quel itinéraire incompréhensible. Voir la Casamance et le delta du Saloum.

Questions fréquentes sur le fleuve Sénégal

Où le fleuve Sénégal prend-il sa source ?

Il naît de la confluence de deux rivières venues du massif du Fouta-Djalon guinéen, le Bafing et le Bakoye, qui se rejoignent au Mali. C'est à partir de cette confluence que le cours d'eau prend le nom de Sénégal.

Quelle est la longueur du fleuve Sénégal ?

Environ mille sept cents kilomètres, selon que l'on compte ou non le cours du Bafing en amont. Les sources varient sur ce point, ce qui explique les écarts observés d'un ouvrage à l'autre.

Où se jette le fleuve Sénégal ?

Dans l'océan Atlantique, à hauteur de Saint-Louis, derrière un cordon sableux appelé la Langue de Barbarie. La position exacte de l'embouchure s'est déplacée à plusieurs reprises au cours des dernières décennies.

À quoi servent les barrages de Diama et Manantali ?

Diama, près de l'embouchure, empêche la remontée de l'eau salée et sécurise l'irrigation du delta. Manantali, en amont au Mali, régule le débit et produit de l'électricité pour plusieurs pays.

Le fleuve Sénégal est-il navigable ?

Il l'est sur une partie de son cours, avec des variations saisonnières importantes selon le niveau des eaux. Des remontées touristiques en bateau existent depuis Saint-Louis vers Podor.