Vivre au Sénégal
Vivre au Sénégal
Ancien fort colonial aux murs ocre en Afrique de l'Ouest

L'histoire du Sénégal, des royaumes à aujourd'hui

Les grandes dates de l'histoire du Sénégal

Le Sénégal est indépendant depuis 1960, mais deux dates coexistent et sont constamment confondues : le 4 avril 1960, accord de transfert des compétences et fête nationale, et le 20 août 1960, sortie de la Fédération du Mali et naissance de la République souveraine.

XIIIe-XIVe s.Formation de l'empire du Djolof, qui fédère les royaumes wolof
XVe-XVIe s.Premiers comptoirs européens sur la côte et à Gorée
1659Fondation de Saint-Louis à l'embouchure du fleuve Sénégal
XVIIe-XIXe s.Traite atlantique, Gorée comme lieu de mémoire
XIXe s.Conquête de l'intérieur, résistances de Lat Dior et El Hadj Omar Tall
1914Blaise Diagne, premier député africain élu au Parlement français
1902Dakar devient capitale de l'Afrique-Occidentale française
1944Thiaroye : répression de tirailleurs revendiquant leur solde
1959-1960Fédération du Mali, réunissant Sénégal et Soudan français
4 avril 1960Transfert des compétences, date de la fête nationale
20 août 1960Sortie de la Fédération, naissance de la République du Sénégal
1960-1980Présidence de Léopold Sédar Senghor, départ volontaire
1982-1989Confédération de Sénégambie avec la Gambie
2000, 2012, 2024Trois alternances par les urnes

Avant la colonisation

C'est la partie que la plupart des résumés sautent, alors qu'elle couvre l'essentiel de l'histoire du pays. L'empire du Djolof fédère à partir du XIIIᵉ siècle les royaumes wolof, avant de se fragmenter au XVIᵉ siècle en entités qui se disputeront le territoire : le Cayor, le Baol, le Sine, le Saloum et le Waalo.

Au nord, le Fouta-Toro connaît des mouvements de réforme religieuse qui installent durablement l'islam dans la vallée du fleuve, bien avant la colonisation. C'est un point important : l'islamisation du Sénégal n'est pas un phénomène récent, et elle n'a rien à voir avec la présence européenne. Le sujet est développé sur religion au Sénégal.

Comptoirs européens et traite atlantique

Portugais, Néerlandais, Anglais et Français se succèdent sur la côte à partir du XVᵉ siècle. Gorée change de mains à répétition, Saint-Louis est fondée en 1659. Ces comptoirs participent à la traite atlantique pendant plus de deux siècles.

Ce que les historiens débattent, et ce qu'ils ne débattent pas

Le volume de captifs ayant transité précisément par Gorée fait l'objet d'un débat historiographique ancien, certains travaux avançant des chiffres bien inférieurs aux estimations populaires. Ce débat porte sur des nombres et sur le rôle exact de l'île. Il ne porte ni sur la réalité de la traite, ni sur son ampleur globale, ni sur la valeur mémorielle du lieu, qui ne sont contestées par personne.

L'île est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1978. Voir visiter l'île de Gorée.

La colonisation française

La conquête de l'intérieur s'étale sur le XIXᵉ siècle et se heurte à des résistances organisées : Lat Dior, damel du Cayor, s'oppose notamment au tracé du chemin de fer ; El Hadj Omar Tall mène un mouvement politico-religieux dans la vallée du fleuve. En Casamance, la figure d'Aline Sitoé Diatta incarne la résistance diola dans les années 1940.

Les Quatre communes, une singularité sénégalaise

Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar forment un cas unique dans l'empire colonial français : leurs habitants originaires accèdent à la citoyenneté française et au droit de vote, quand le reste des colonisés relève du régime de l'indigénat. C'est ce statut qui permet l'élection de Blaise Diagne en 1914, premier député africain au Parlement français.

Les tirailleurs et Thiaroye

Des dizaines de milliers de Sénégalais servent dans les deux guerres mondiales. En décembre 1944, au camp de Thiaroye près de Dakar, des tirailleurs de retour d'Europe qui réclamaient le paiement de leurs soldes sont réprimés par l'armée française. Le bilan exact fait encore l'objet de travaux, et l'événement reste une mémoire vive dans le pays.

L'indépendance

En 1959, le Sénégal et le Soudan français forment la Fédération du Mali. L'ensemble accède à l'indépendance en avril 1960, puis se disloque dès le mois d'août 1960, chacun des deux États poursuivant sa route. C'est de cet épisode que vient le drapeau sénégalais, dont l'étoile verte a remplacé l'emblème fédéral.

Le Sénégal depuis 1960

Léopold Sédar Senghor préside de 1960 à 1980. Poète et théoricien de la négritude, catholique à la tête d'un pays très majoritairement musulman, il quitte le pouvoir volontairement, ce qui était alors exceptionnel sur le continent. Suivent Abdou Diouf, l'ouverture démocratique, puis trois alternances par les urnes en 2000, 2012 et 2024.

La Confédération de Sénégambie, tentative d'union avec la Gambie, dure de 1982 à 1989 sans aboutir. Au sud, le conflit casamançais traverse plusieurs décennies avant l'apaisement issu des accords conclus avec le MFDC en 2022 et 2023, détaillé sur notre guide de la Casamance.

Le pays n'a connu aucun coup d'État militaire depuis son indépendance, ce qui en fait un cas rare dans la sous-région et explique une bonne part de sa réputation de stabilité.

Questions fréquentes sur l'histoire du Sénégal

Quand le Sénégal est-il devenu indépendant ?

La fête nationale est célébrée le 4 avril, date de l'accord de transfert de compétences signé en 1960. Le pays est ensuite sorti de la Fédération du Mali le 20 août de la même année, devenant une République pleinement souveraine.

Qu'était la Fédération du Mali ?

Un ensemble politique réunissant brièvement le Sénégal et l'actuel Mali entre 1959 et 1960, dissous quelques mois après l'indépendance. Le drapeau sénégalais actuel en est directement issu, l'étoile verte ayant remplacé l'emblème fédéral.

Qui était Léopold Sédar Senghor ?

Poète, agrégé de grammaire et théoricien de la négritude, il fut le premier président du Sénégal indépendant, de 1960 à 1980. Catholique dirigeant un pays majoritairement musulman, il a quitté volontairement le pouvoir, fait rare à l'époque.

Quelles étaient les Quatre communes du Sénégal ?

Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar, dont les habitants originaires bénéficiaient d'un statut particulier leur ouvrant la citoyenneté française et le droit de vote, bien avant le reste des colonies.

Peut-on visiter des lieux liés à cette histoire ?

Oui : l'île de Gorée et sa maison des esclaves, l'île de Saint-Louis, les forts du fleuve et les musées de Dakar. Plusieurs de ces sites sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.