Quelle langue parle-t-on au Sénégal
Le français est la seule langue officielle : celle de l'administration, de l'école et des médias. Le wolof est la langue véhiculaire la plus parlée au quotidien, comprise par une large majorité de la population. À côté d'eux, une vingtaine de langues nationales sont reconnues et codifiées.
Le français, langue officielle
Son statut est celui d'une langue d'État et de scolarisation plutôt que d'une langue maternelle. Concrètement, cela signifie qu'un voyageur francophone n'a aucune barrière de langue dans les villes, les hôtels, les transports, les administrations et les commerces touristiques. C'est l'un des atouts les plus concrets de la destination.
La maîtrise varie fortement selon la scolarisation et le milieu. En zone rurale, en particulier chez les personnes âgées, le français peut être peu pratiqué. On trouve alors presque toujours quelqu'un pour traduire, souvent un plus jeune de la famille.
Le wolof, la langue qui circule
Le wolof n'est pas la langue maternelle de tous les Sénégalais, mais c'est celle que presque tout le monde comprend. Cette diffusion tient au commerce, à l'urbanisation et au poids de Dakar : dans une ville où se croisent tous les groupes du pays, une langue commune s'impose.
Le wolof urbain mélange abondamment le français, à tel point qu'un francophone attentif en saisit des fragments entiers. Le wolof s'écrit, en alphabet latin codifié, et il a aussi été transcrit en caractères arabes, une graphie appelée ajami.
Les langues nationales
Le pulaar, parlé dans le nord et l'est, le sérère dans le Sine-Saloum, le diola en Casamance, le mandinka au sud-est et le soninké dans la vallée du fleuve sont les plus répandues. Elles bénéficient du statut de langue nationale, ce qui implique une codification officielle de leur écriture.
Leur répartition suit largement celle des groupes qui les portent : le sujet est traité sur notre page les peuples du Sénégal.
L'arabe et les langues de la religion
L'arabe coranique est enseigné dans les daaras, les écoles coraniques, et il occupe une place importante dans la vie religieuse. Il n'est pas une langue de communication courante pour autant. Voir religion au Sénégal.
Lexique wolof pour un premier séjour
Vous n'avez besoin d'aucun de ces mots pour vous débrouiller. Mais en employer trois ou quatre change nettement la qualité des échanges : c'est un signe d'attention qui est toujours remarqué. Pour aller plus loin (chiffres, marché, taxi, expressions), voir notre lexique français-wolof complet.
| Wolof | Prononciation | Français |
|---|---|---|
| Salaam aleekum | sa-lam a-lé-koum | Bonjour (salutation d'usage) |
| Maleekum salaam | ma-lé-koum sa-lam | Réponse à la salutation |
| Nanga def ? | nan-ga def | Comment vas-tu ? |
| Maangi fi rekk | man-gui fi rek | Ça va, je suis là |
| Jërëjëf | djeu-reu-djeff | Merci |
| Waaw / Déedéet | wow / dé-dét | Oui / Non |
| Ñaata la ? | gna-ta la | Combien ça coûte ? |
| Dafa seer | da-fa sèr | C'est cher |
| Baax na | bakh na | C'est bien, d'accord |
| Ba beneen | ba be-nène | À la prochaine |
| Amul solo | a-moul so-lo | Ce n'est rien, pas de souci |
| Teranga | té-ran-ga | Hospitalité, accueil |
Sur l'orthographe du wolof
Le wolof codifié emploie des caractères absents du français, comme le ë et le ñ, et les transcriptions varient d'un ouvrage à l'autre. Les graphies ci-dessus suivent l'alphabet officiel ; les prononciations sont approximatives et destinées à un francophone, pas à un linguiste.
Faut-il apprendre le wolof
Pour deux semaines de voyage, non : quelques salutations suffisent largement, et le français vous portera partout où vous irez. Pour une installation durable, la réponse change : le wolof est ce qui sépare une vie d'expatrié en circuit fermé d'une vie réellement insérée. Beaucoup de Français installés depuis des années le regrettent de ne pas s'y être mis plus tôt. Voir s'installer au Sénégal.
Pourquoi le wolof domine sans être langue officielle
Le wolof n'est pas la langue maternelle de la majorité des Sénégalais, mais il est compris et parlé par une très large part de la population. Cette diffusion est un phénomène de véhiculisation: une langue de commerce et de ville qui s'impose comme langue de contact entre groupes différents.
Le mouvement s'est accéléré avec l'urbanisation, le commerce, la radio et la musique. À Dakar, le wolof est la langue de la rue, du marché, du taxi et de la plaisanterie, y compris entre personnes dont ce n'est pas la langue d'origine.
Ce que parler « wolof urbain » veut dire
Le wolof que vous entendrez à Dakar est fortement mêlé de français. Les chiffres, les termes techniques, les conjonctions et des pans entiers de vocabulaire administratif basculent en français au milieu d'une phrase wolof. Ce n'est ni du mauvais wolof ni du mauvais français : c'est un registre urbain à part entière, avec ses règles.
Pour un francophone, la conséquence est plaisante : on saisit souvent le sujet d'une conversation sans comprendre la phrase, simplement parce que les mots pleins sont français.
Quelques mots qui changent tout
- Salamalekum et sa réponse malekum salam : la salutation universelle.
- Nangadef : comment vas-tu, auquel on répond maangi fi.
- Jërëjëf : merci, le mot qui produit le plus d'effet.
- Baax na : c'est bien, ça va.
- Ñaata la : combien, indispensable au marché.
- Waaw et déedéet : oui et non.
Utiliser trois mots de wolof ne sert pas à communiquer, cela sert à signaler que l'on ne considère pas le français comme allant de soi. La différence de traitement est immédiate.
Le statut des langues nationales
Le français reste la seule langue officielle, celle de l'administration, de la justice et de l'essentiel de l'enseignement. Plusieurs langues du pays ont toutefois le statut de langues nationales codifiées, avec une orthographe officielle, ce qui permet leur usage dans l'alphabétisation, l'édition et certains programmes scolaires.
Le débat sur la place à donner à ces langues dans l'école est ancien et toujours vif. Il touche à l'efficacité pédagogique autant qu'à la souveraineté culturelle.
Langue et symboles
Le texte officiel de l'hymne national est en français, ce qui illustre bien la répartition des rôles entre langue officielle et langues nationales.



