L'essentiel
Le Monument de la Renaissance africaine est la statue géante qui domine Dakar depuis la colline des Mamelles, à Ouakam. On monte les marches jusqu'à ses pieds, on visite le petit musée à l'intérieur et, avec le billet complet, on grimpe en ascenseur jusqu'à la tête pour la vue sur toute la presqu'île. Comptez une heure et demie sur place.
- Hauteur : 52 m selon le site officiel, sur une colline d'une centaine de mètres.
- Prix : de 1 000 F CFA (résident, visite simple) à 10 € (non-résident, visite complète).
- Horaires : 9h à 19h30 en semaine, 9h à 19h45 le week-end et les jours fériés.
- Accès : route de Ouakam, en taxi ou en VTC depuis n'importe quel quartier de Dakar.
- À combiner : le phare des Mamelles, sur la colline voisine.
Prix d'entrée et horaires
L'esplanade et l'escalier extérieur sont en accès libre. Le billet sert à entrer dans la statue. Il en existe deux : la visite simple, qui donne accès aux salles du bas, et la visite complète, qui ajoute la montée en ascenseur jusqu'au belvédère de la tête. Voici la grille publiée par le monument :
| Visiteur | Visite simple | Visite complète (tête) |
|---|---|---|
| Adulte résident | 1 000 F CFA | 3 000 F CFA |
| Enfant résident | 500 F CFA | Non précisé |
| Adulte non-résident | Non précisé | 10 € (6 500 F CFA) |
| Enfant non-résident | 5 € (3 250 F CFA) | Non précisé |
La page officielle ne donne pas le prix de la visite simple pour un adulte non-résident. Pour un voyageur venu de France, la visite complète à 10 € est de toute façon la seule qui vaille le déplacement : la vue depuis la tête est le vrai intérêt de l'intérieur. Un guide conférencier accompagne la visite, en français, en anglais ou en wolof selon les disponibilités.
Qui paie le tarif « résident » ?
Le tarif résident ne concerne pas seulement les Sénégalais. Lors de la mise en place de la grille, l'administration du monument l'a défini comme s'appliquant aux nationaux et aux Africains. Un expatrié installé à Dakar avec une carte de résident peut aussi le demander. Ayez une pièce d'identité ou un titre de séjour sur vous.
Horaires: du lundi au vendredi de 9h à 19h30, le week-end et les jours fériés de 9h à 19h45. Le site ne publie pas de jour de fermeture fixe. Pour profiter de la vue sans la chaleur de midi, visez l'ouverture ou la fin d'après-midi : le soleil se couche sur l'océan, juste en face de la statue. Les billets s'achètent sur place ou sur la billetterie en ligne du monument. Payez en francs CFA de préférence : notre page sur la monnaie au Sénégal explique où retirer.
Vérifié le 14 octobre 2026. Sources : Monument de la Renaissance africaine, page Tarifs et horaires, Le Quotidien, 17 septembre 2019, sur la définition du tarif résident.
La grille officielle laisse des cases vides et certains visiteurs signalent des montants différents au guichet. Vérifiez le prix avant de payer.
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Ce qu'on voit pendant la visite
La visite se fait en trois temps : la montée à pied, les salles du bas, puis la tête. Le musée demande 45 minutes à une heure, le belvédère un quart d'heure à vingt minutes.
L'escalier et l'esplanade
Depuis le parking, 198 marches grimpent la colline jusqu'au socle. Ces marches mènent à la base, pas à la tête : pour monter dans la statue, c'est l'ascenseur. La montée prend cinq à dix minutes, sans ombre. Prenez de l'eau. En haut, l'esplanade fait le tour de la statue et offre déjà une belle vue sur Ouakam, la mer et le phare voisin. On peut s'arrêter là sans payer.

Des photographes proposent leurs services sur l'esplanade, autour de 1 000 F CFA la photo. Les photos pour usage personnel sont autorisées partout. Le trépied et le drone demandent une autorisation.
Le musée et le salon d'honneur
Au rez-de-chaussée, un diaporama raconte la construction et une fresque retrace l'histoire du continent. Au 3e étage, une petite salle accueille des expositions temporaires d'artistes sénégalais. Au 4e, le salon d'honneur, décoré par la créatrice textile Aïssa Dione, rassemble des cadeaux offerts par des pays africains. C'est modeste. On y vient surtout pour comprendre comment la statue a été bâtie.
Le belvédère dans la tête, au 15e étage
C'est le clou de la visite complète. Un ascenseur, avec un pompier à bord, monte jusqu'au 15e étage, dans la tête de l'homme. Par les ouvertures, on voit toute la presqu'île du Cap-Vert : le Plateau au sud, les Almadies et Ngor au nord-ouest, l'océan des deux côtés. Par temps clair, on devine l'île de Gorée. L'espace est petit : on y reste un quart d'heure, le temps de faire le tour.
L'intérieur n'est pas toujours ouvert
Le monument indique lui-même que l'ascenseur fonctionne « selon maintenance ». En février 2026 encore, des visiteurs ont trouvé le musée fermé sans préavis. Avant de payer la visite complète, demandez à l'accueil si l'ascenseur tourne ce jour-là. Si ce n'est pas le cas, l'esplanade suffit. Le monument répond au +221 77 727 79 01.
La statue : 52 mètres et ce qu'elle représente
Le site officiel annonce 52 mètres de haut et environ 7 000 tonnes de bronze et de cuivre. D'autres sources, dont l'encyclopédie anglophone, retiennent 50 mètres pour la statue seule. Dans les deux cas, elle passe pour la plus haute statue d'Afrique, et sa colline d'une centaine de mètres la rend visible depuis l'aéroport de Yoff, la corniche et la mer. À titre de repère, elle dépasse la statue de la Liberté sans son socle.
Elle représente une famille : un homme torse nu tient un enfant sur un bras et entoure une femme de l'autre. L'enfant tend le doigt vers le large. Le groupe sort d'un volcan, image d'un continent qui sort de siècles de traite et de colonisation, et regarde vers l'Atlantique. L'homme incarne la force, la femme la vie, l'enfant l'avenir.

La statue a changé de couleur depuis 2010. La teinte d'origine, un brun chocolat, a laissé place par endroits au vert-de-gris du cuivre oxydé. L'administration parle d'une « mutation naturelle » prévue et annonce une durée de vie d'au moins 1 200 ans.
Comment y aller depuis le centre de Dakar
Le monument se trouve route de Ouakam, sur la deuxième colline des Mamelles, à une dizaine de kilomètres du Plateau. Compter 20 à 40 minutes selon la circulation.
- Taxi: le plus simple. Demandez « le monument », tout le monde connaît. Le prix se négocie avant de monter. Une ancienne fourchette relevée par des voyageurs tourne autour de 1 500 à 3 000 F CFA depuis le centre, que nous n'avons pas pu revérifier pour 2026.
- VTC: Yango et Heetch fonctionnent à Dakar et affichent le prix d'avance, ce qui évite la négociation.
- Voiture : un parking se trouve au pied de la colline.
- Bus : le monument ne communique pas de ligne précise. Le bus est jouable pour qui connaît déjà le réseau, sinon le taxi fait gagner beaucoup de temps.
Depuis l'aéroport Blaise-Diagne, à une heure de route, le monument n'est pas sur le chemin direct du centre, mais un chauffeur peut s'y arrêter. Voir notre guide pour rejoindre Dakar depuis l'aéroport et celui sur les transports au Sénégal.
Pour les personnes à mobilité réduite, le monument annonce un accompagnement possible, à confirmer par téléphone. Les poussettes passent sur les espaces extérieurs, pas dans l'escalier.
Combiner avec le phare des Mamelles
Les Mamelles sont deux collines volcaniques. Le monument occupe l'une, le phare des Mamelles l'autre. Construit en 1864, il se dresse à environ 105 mètres d'altitude, le point le plus haut de Dakar. Il abrite un petit musée des phares et balises, et la plateforme regarde les Almadies, Ngor, les îles de la Madeleine et la statue elle-même : c'est le meilleur angle pour la photographier en entier.

La visite du phare était annoncée du mardi au dimanche, de 10h30 à 18h, autour de 3 000 F CFA, des chiffres que le site du phare ne confirme pas pour 2026. Au sommet, un restaurant-bar ouvre en fin de journée (à partir de 17h du mardi au vendredi, dès 10h le samedi) et tard le week-end. On y monte surtout pour le coucher de soleil. Le phare répond au +221 77 343 72 72.
Une demi-journée type aux Mamelles
- 15h : arrivée au monument, montée des marches, visite et belvédère (1h30).
- 16h45 : taxi court jusqu'au phare, montée à la plateforme.
- 18h : verre au restaurant du phare pour le coucher de soleil, ou descente vers les plages de Ngor et des Almadies.
Cette boucle s'intègre bien dans un séjour de deux ou trois jours à Dakar, le jour où vous explorez l'ouest de la presqu'île.
Histoire et polémique
La statue a divisé le Sénégal avant même son inauguration. Le guide en parle rarement, voici ce qu'il faut savoir.
Un projet d'Abdoulaye Wade
L'idée vient du président Abdoulaye Wade, au pouvoir de 2000 à 2012, qui voulait en faire le symbole de la « dignité du continent ». Il en aurait lui-même dessiné les grandes lignes. Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow devait d'abord le réaliser, puis s'est retiré après un désaccord avec le président. Le projet a été confié à l'architecte Pierre Goudiaby Atepa, déjà auteur de la Porte du Troisième millénaire sur la corniche, et la statue aurait été conçue par le sculpteur d'origine roumaine Virgil Magherusan. Prévue fin 2009, l'inauguration a eu lieu les 3 et 4 avril 2010, jour de la fête nationale et cinquantenaire de l'indépendance, devant une vingtaine de chefs d'État africains et le numéro deux du régime nord-coréen. L'histoire du pays sur cette période est racontée dans notre page sur l'histoire du Sénégal.
Construit par la Corée du Nord
La statue a été fondue et montée par Mansudae Overseas Projects, la branche export du studio d'art officiel de Pyongyang, qui a livré des statues géantes à plusieurs pays africains. D'où un style très proche du réalisme socialiste : musculature, poses héroïques, regard tendu vers l'horizon. L'opposition a reproché au président d'avoir confié un symbole de la renaissance africaine à la dictature nord-coréenne.
Le coût et les droits revendiqués par Wade
Les chiffres varient selon les sources : de 9 à 15 milliards de F CFA, soit 15 à 23 millions d'euros, et 27 millions de dollars dans d'autres estimations. Le chantier a été payé en partie en nature : 30 à 40 hectares de terrain public cédés à un homme d'affaires sénégalais. En pleine crise économique, l'opposition a jugé la dépense pharaonique et le financement opaque. Le président a en plus revendiqué, selon la presse de l'époque, 35 % des recettes du monument au titre de ses droits d'auteur sur l'idée, et annoncé que son fils Karim présiderait la fondation chargée de la gestion. Peu avant l'inauguration, des centaines de personnes ont manifesté à Dakar pour réclamer sa démission.
Les critiques religieuses et féministes
En décembre 2009, une trentaine d'imams ont dénoncé une statue représentant des êtres humains, contraire selon eux à l'islam. En voulant les apaiser, Wade a comparé le monument aux représentations du Christ dans les églises, ce qui a provoqué la colère des catholiques et des heurts avec des jeunes chrétiens, avant ses excuses publiques. D'autres y ont vu un style trop stalinien, voire des symboles maçonniques. Des féministes ont enfin visé la femme, jugée trop dénudée et placée en retrait derrière l'homme : son pagne a d'ailleurs été rallongé par rapport au projet initial.
Et aujourd'hui ?
Seize ans plus tard, la polémique s'est calmée. La statue est devenue l'un des repères de la capitale sénégalaise, sur les cartes postales comme dans le paysage. Le restaurant panoramique prévu à l'origine n'a jamais vu le jour, l'entretien coûte cher et le site vit surtout des visites scolaires, des touristes et de quelques événements privés.
Autour du monument
Ouakam est un ancien village lébou devenu quartier de Dakar. En contrebas des Mamelles, la mosquée de la Divinité, les pieds dans l'eau, vaut l'arrêt si vous longez la côte. Plus au nord, les Almadies et Ngor offrent les plages et les restaurants de poisson les plus agréables de la ville. Dans l'autre direction, le musée des Civilisations noires, ouvert en 2018 près du centre, complète bien la visite sur le thème de l'histoire africaine. Pour le reste du pays, notre sélection de choses à faire au Sénégal prend le relais.
Photo d'ouverture : Richard N Horne, Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.



